Eveil Nomade

Thailande : L’Issan à vélo, déception…

Le passage de le frontière Lao/Taï de Vientiane à vélo est d’une incroyable facilité : la sortie du Laos c’est un coup de tampon par passeport, pas de file d’attente puis le pont sur le Mékong où on nous laisse passer sans plus de questions malgré les panneaux « interdit aux vélos ». Une petite surprise, nous prenons conscience qu’en Thaïlande on roule à gauche, nous devrons réfléchir aux intersections pour être à la bonne place. L’entrée en Thaïlande se passe aussi bien que la sortie du Laos une fois le formulaire habituel rempli un regard à la camera un coup de tampon on remonte sur les vélos et c’est tout, pas de douane, rien, un vrai bonheur.

Nous trouvons rapidement un piste cyclable goudronnée à côté de la route. Il n’y a pas beaucoup de changement avec le Laos au premier abord, c’est au fil des jours que nous nous rendons compte que le niveau de vie est plus élevé ici. Par exemple il y a beaucoup moins de petits étals devant les maisons où les gens vendent leur surplus de jardin, heureusement le profil nous permet d’avancer suffisamment vite pour ne pas avoir de problème de ravitaillement. Il y a aussi des poubelles de partout : une sacré amélioration pour la gestion de nos déchets (plus besoin de les transporter pendant des jours) et du coup les bas côté sont très propres  !

Notre programme est de faire une boucle en remontant le Mékong puis en descendant dans les terres pour rejoindre le Laos au sud à Paksé.

Le long du Mékong :

 

Nous remontons donc le Mékong ce qui nous offre une belle vue sur les forêts laotiennes en rive gauche. Une bonne façon d’aborder la question des frontières avec les enfants ! La route est agréable et serpente sur de petits vallonnements pas méchants. Les cultures sont très présentes : champs d’ananas, palmiers à huile , cannes à sucre, riz, bananiers et beaucoup d’énormes plantations d’arbres à caoutchouc avec leurs bols où s’écoule le latex blanc. Apparemment c’est la saison des ananas : les producteurs en empilent des tas le long des routes, ils sont parfumés sucrés et juteux ! A 60ct d’euro pièce on en fait une cure ! Nous trouvons facilement des bivouacs avec un peu d’ombre, mais il faut tout de même composer avec de minuscules fourmis qui s’insinuent de partout… Nous faisons aussi de beaux détours pour voir des « waterfall », certaines très belles et d’autres qui s’avèrent n’être qu’un piscouli noirâtre…

Moogli !

De Loei au parc national de nam Nao :

 

Perdus ?

Quand nous quittons le Mékong, la route devient très plate mais avec beaucoup de trafic, nous avançons le nez dans le guidon sans plus de plaisir que ça. A Loeï nous choisissons de quitter cette circulation : nous optons pour un itinéraire qui n’est pas sur notre carte mais semble passer par des montagnes. Nous faisons un parcours à partir d’une carte touristique et de google maps. Nous quittons enfin le trafic, passons à coté d’un parc dans lequel nous faisons une petite balade en remontant une rivière avec de petites cascades, on en profite pour se rincer. Après ça notre itinéraire est assez imprécis, on décide de prendre une route à l’azimut… Elle se transforme en piste mais comme nous n’aimons vraiment pas revenir en arrière, on se dit encore 3 km et si ça ne passe pas on revient… Et bien sûr nous continuons ! Heureusement nous finirons par retrouver une route, l’idée de se perdre plusieurs jours sur une piste plaisait pourtant bien aux enfants !

Après ça le relief ne plaisante plus : nous voulions des montagnes ? Ce sera des collines mais tellement proches les unes des autres que la route monte droit dans la pente (pas de place pour faire des lacets…) avec des pentes autour de 10 % voir 15 % de temps en temps, il faut alors pousser. A cela s’ajoute une chaleur infernale : à 8h on commence à fondre, à 10h on grésille sur les selles, après la pose de midi nous repartons sous plus de 40°… Les collines s’enchaînent sans répit et c’est tellement dur qu’on en rit, les difficultés ça soude…Les gens sont étonnés, voir éberlués de nous voir ici à vélo : nous recevons beaucoup de petit cadeaux : pastèques, bananes, bouteilles d’eau glacée. Un homme très impressionné vient serrer énergiquement la main de Lilou avant de nous offrir une grande bouteille d’eau glacée…C’est bien gentil tout ça mais c’est trop dur et dès que l’occasion nous est donnée nous quittons cette zone pour rejoindre une route plus grosse et bien plate !

Quelques bosses tout de même et nous arrivons à la ville de Lom Sak. Encore une ville pas du tout touristique, donc sans choix d’hébergement, donc c’est cher :une nuit et on repart. Le soir nous avons tout de même une agréable surprise en allant chercher un truc pour manger : la ville est en fête, une rue est totalement dédiée à l’événement. A l’entrée de la rue, des nuées d’oiseaux sont posées sur les fils électriques, baignant l’air d’un concert de piaillements assourdissants et couvrant le bitume de leurs fientes ! Passés cet obstacle, nous parcourons cette rue où se côtoient des vendeurs de toutes sortes : bibelots, bouffe, boissons, des musiciens, des artisans vendent leurs productions. Il y a un forgeron qui a installé un petit foyer avec son soufflet et son enclume, il fabrique là devant les passants des outils : faucilles, serpettes et couteaux ; une fois le métal porté au rouge il le tient sur l’enclume et c’est cinq personnes qui abattent leur masse chacune leur tour à une cadence régulière.

Après Lom Sak nous profitons encore de quelques Km de répit, puis ce sont les premières rampes pour le parc National de NamNao. Ici, ce n’est plus un enchaînement de monte et baisse aux pentes infernales mais de looongues rampes de 8 a 10 % , toujours sous une forte chaleur… Sur les bords la forêt est épaisse et il y a beaucoup de trafic : bus, camions, motos font un bruit terrible sans interruption… pas étonnant que la faune se fasse discrète ! Le premier soir, cuits par la chaleur et abrutis pas le bruit, nous trouvons tout de même un renfoncement pour poser le tipi. Ce n’est qu’à 20 mètres de la route mais on en a trop marre. Et là encore les gens se montrent vraiment gentils : à deux reprises ceux qui nous voient font demi tour pour nous apporter des bouteilles d’eau glacée achetées un peu plus loin !

Le lendemain nous espérons trouver un camping indiqué sur google map. Suivant les panneaux nous arrivons effectivement à un jolie coin de paradis : herbes vertes bien tondues, petite maisonnette salle commune, sanitaire tout super classe… le prix aussi est super classe nous passons donc notre chemin…

Retour sur la route, les enfants s’accrochent bien malgré la difficulté mais la pose de midi est la bienvenue. Un petit chemin nous inspire, on s’installe, on mange et on commence l’école quand deux types viennent nous faire comprendre, avec force gestes, que nous sommes sur le passage des éléphants ! Devant un argument de ce poids nous plions et remontons en selle. Malgré ça les seuls pachydermes que nous croiserons seront ceux dessinés sur les panneaux, dommage… Plus loin nous quittons la route pour un point panoramique : la chemin qui y mène passe au milieu d’une forêt d’énormes bambous que le vent fait grincer. La vue est belle, mais cet unique point d’intérêt nous semble cher payé après les efforts qu’on a faits pour venir ici !

Nous reprenons la route et la montée, nous entrapercevons deux singes qui s’enfuient, hormis les oiseaux et les nombreux serpents écrasés sur la route ce seront les seuls animaux que nous verrons. La journée est dure, Tiago tire la langue quand un pik up nous propose de nous faire passer la montagne nous n’hésitons pas, même sans savoir vraiment où il nous emmène… Nous avançons ainsi d’une quarantaine de kilomètres et passons la zone de relief. Tant pis, tant mieux, nous verrons bien la suite…

Jusqu’à Mahasarakham : une route plate et circulante …

 

Nous quittons la route N° 12 à Chumphaé pour la 201 puis la 229 notée en vert comme une jolie route, nous espérons avec moins de circulation. Peine perdue, toujours autant de trafic et hormis les cultures nous ne voyons pas ce qu’il y a de « joli »…

Nous sommes fatigués de ne pouvoir nous poser (les villes sont tellement sans aucun attrait à nos yeux, qu’on a qu’une envie : aller voir plus loin), fatigués aussi de la circulation et du manque d’intérêt des paysages toujours identiques. Nous devons toutefois nous arrêter pour une douche, des courses et les trucs habituels. Nous sommes actuellement à Mahasarakham et réfléchissons à la suite : un bus ? Filer vers Savannakhèt au Laos ?

Quoi qu’il en soit nous sommes déçus de cette région de Thaïlande. Nous voulions éviter les zones trop touristiques et de ce point de vue c’est réussi : l’Issan est la vrai Thaïlande rurale des rizières, de la canne à sucre. Mais les gens ont beau être super sympas et souriants, à part pousser sur les pédales au bord d’une route à grand trafic il n’y a rien à faire pour nous ici…

Une réflexion au sujet de “Thailande : L’Issan à vélo, déception…

  1. LEHOUCQ Bernard

    Quel beau voyage ! c’est passionnant de vous suivre ! à La Ville tout va bien ! A part parfois Zélie qui a de gros coups de Blues en pensant à Lilou ! Elle l’embrasse ! à bientôt !
    Nanard

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