Eveil Nomade

De Merida à Mexico : vive 2019 !!!

Un joyeux Noël à Mérida :

Arrivée au petit matin nous avons le temps de chercher un hébergement sympa, le problème c’est qu’on est pas les seuls à y avoir pensé et si nous ne pouvons faire de réservation à cause de notre vitesse d’avancement aléatoire, les autres eux peuvent s’organiser… Résultat les bons plans sont tous complets. Nous finissons par nous rabattre sur un établissement bien situé, à défaut d’offrir ce que nous cherchions. Nous nous installons à l’hôtel Marguarita un nom que nous sommes pas près d’oublier…

Mérida est une ville très agréable : les jours qui précédent Noël, la place est cernée de vendeurs en tous genres, plein de babioles bien sûr, mais surtout un offre pléthorique de bouffe de rue où tacos et churros règnent en maîtres. Les façades des édifices religieux et coloniaux sont splendides. La clémence du climat sous ces latitudes nous autorise même à déguster des glaces avec plaisir !

Nous trouvons quelques guirlandes pour égayer notre chambre, un assemblage de branche tiendra même lieu de sapin et, si les papillotes n’existent pas nous trouvons tous de même quelques gâteries locales pour se faire plaisir. Le père noël s’est malicieusement chargé de plomber nos sacoches, les enfants sont ravis.

Une fin d’année pourrie, ou comment tout peut tomber à l’eau du jour au lendemain :

Pour la suite le programme c’est de rejoindre le Guatemala via le Bélize avec visite de quelques cités mayas majeures et quelques cénotes. Nous nous préparons, donc rangement de la chambre bien en bazar après ces quelques jours. Rapidement un doute désagréable m’envahit : mon permis de conduire par terre en vrac, bizarre… Je cherche le ziploc où il se trouvait avec une partie de nos réserves de devises et les carnets de vaccination internationaux : plus rien. Du coup, recherche de l’autre partie dans la sacoche de Gaëlle : la pochette avec une carte de crédit, le permis de conduire de Gaëlle et trois passeports volatilisés. Là on se sent mal. La réception nous affirme que personne n’est entré dans la chambre et qu’ils sont les seuls à avoir les clefs, ils ne se rendent même pas compte que cela fait d’eux nos seul suspects possibles, mais bien sûr ils ne reconnaissent rien.

A partir de là les vraies emmerdes commencent : première étape le consulat, petit coup de chance il y en a un à Mérida, la procédure est simple: déclaration aux autorités mexicaines, ensuite trois solutions : un laisser-passer pour rentrer en France, un passeport d’urgence en un jour valable un an non biométrique ou un passeport biométrique fait en trois semaines, dans tout les cas pas d’autre option que de retourner à Mexico ciudad (22 h de bus)…

Les boules, LES BOULES !

Mais avant ça, il faut faire une déclaration de vol : nous avons par précaution fait des copies de nos passeports, heureuse idée. La déclaration de vol est établie sur un formulaire unique : vol ou perte, cela favorise certainement les statistiques (les vols, c’est pas bon pour le tourisme…) l’employée de la Fiscalia enregistre nos déclarations en baillant ostensiblement, malgré nos craintes elle ne s’endormira pas avant d’avoir fini.

Tout ceci fait cogiter et nous nous rendons compte que les passeports n’étaient pas seuls, ils contenaient les formulaires d’entrée au Mexique. Faute de leur présentation à la sortie, c’est 42 dollars d’amende…Donc retour à la Fiscalia, centre principal cette fois. Pour cette nouvelle démarche ici on a à faire à une fonctionnaire très zélée (trop?) qui, pour nous établir une déclaration de perte du seul formulaire migratoire, demande à ce que nous prouvions que Tiago et Lilou sont bien nos enfants… Retour en ville (1 heure de bus) pour imprimer les page du livret de famille et retour à la Fiscalia (c’est tout de même à 20 km du centre). Notre fonctionnaire hésite (là on a des envies de meurtre), va voir sa cheffe et accepte cette fois, ben oui les photocopies du livret ne sont pas des feuilles reliées, les filiations pourraient avoir été trafiquées… Par chance, mon passeport était sur moi, je peux donc finalement faire la déclaration pour les enfants et Gaëlle pour elle même. Nous aurions voulu déposé plainte pour ces vols mais on nous explique que cela engendrera forcément une enquête et un procès, ils font des pieds et des mains, si bien que nous laissons tomber, ras le bol et de toute façon ça ne changera rien. Encore un bon point pour les statistiques de sécurité au Mexique !

Avec tout ça, notre programme se voit bien chamboulé : après les délais imposés pour recevoir les passeports, nous serons hors saison en Amérique du sud si nous maintenons l’itinéraire via le Guatemala …(la traversée de l’Amérique centrale a été abandonnée suite aux événements récents et toujours en cour au Nicaragua).

Le nouveau plan sera de profiter de ce qui est encore faisable au Mexique puis de prendre un vol directement pour la Colombie. Mais notre motiv en a pris un sacré coup.

Nous quittons donc Mérida à vélo direction le gros site d’Uxmal. Un itinéraire facile ,pas de dénivelée et des petites routes sans trafic. En début d’après midi nous comprenons pourquoi il y a peu de trafique : la route mène à un village après lequel il n’y a que des pistes. Tant mieux, c’est peinard et on a besoin d’air. Nous rejoignons une route, mais le chemin continue en face et semble garder le bon azimut. Des gens passent à moto et en vélo, on discute avec l’un d’eux qui nous informe que la piste qui file en ligne droite et passe à côté d’un petit cénote hors des circuits touristiques. On ne se fait pas prier, le lendemain on va piquer une tête dans les eaux tiède de cette vasque naturelle où tombe les longues racines des arbres. On observe une étonnante marée de fourmis, qui au lieu de se déplacer en colonne, se déplace en ‘flaque’ et bouffe tout ce qui se trouve de vivant sur sa route…Impressionnant et pas très rassurant ! Nous laissons tomber la visite au cenote touristique et poursuivons notre route. Le long des routes nous voyons souvent des serpents morts certains de plus de deux mètres, nous ne pouvons éviter d’avoir une petite pensée pour leurs congénères lorsque nous cherchons nos bivouacs du soir…

Les ruines mayas d’Uxmal :

Encore un très beau site maya. Les structures diffèrent un peu de ce que nous avons vu ailleurs : particulièrement les parois illustrées de sculptures très bien conservées et la base arrondie de la pyramide principale, typique de ce site. Les iguanes y sont légion, certains de très belle taille. Les sales fraîches et sombres abritent des colonies de chauves-souris qui on imprégné l’air de leur odeur caractéristique. Lorsque nous prenons de la hauteur, après avoir gravi les longues volées raides des marches d’un édifice, nous profitons du panorama d’ensemble du site, vraiment grandiose.

Après ça nous cherchons un endroit avec internet, il faut absolument qu’on pose des questions à l’ambassade pour s’organiser. Nous ne savons pas si nous pouvons nous balader comme ça longtemps sans papiers… Mais pas moyen de trouver les infos. Et entre le 1er de l’an et le week end…On décide de poursuivre vers la laguna de Bacalar. La route ne présente pas d’intérêt majeur, d’autant plus que nos problèmes de passeport nous minent le morale, cela va être toute une organisation que nous ruminons tout en pédalant.

Nous trouvons quelques bivouacs sympas dans des vergers, où les propriétaires sont très gentils, discutent et nous offrent des mandarines et des oranges délicieuses.

Laguna de Bacalar, où quand la nouvelle année a décidé de mal commencer :

Nous nous arrêtons au village de Buenavista au bord de la lagune, beaucoup moins touristique que Bacalar et bien meilleur marché aussi. C’est au camping que nous plantons le tipi. Le site municipale est géré par un gars de Mexico super sympa. Ici, c’est relax, baignade, il y a même un super grand toboggan (maintenu par une étrange structure branlante!), les enfants se régalent. L’après midi Tiago décide d’aller tailler un bout de bois avec son opinel, le tout en hauteur dans un palétuvier, la mauvaise idée c’était de sauter de l’arbre le couteau ouvert à la main : la cordelette que nous avions mis au manche pour ne pas perdre le couteau s’accroche à l’arbre et les doigts de Tiago glissent fort le long de la lame. Il arrive en pleure vers Gaëlle et Lilou qui se baignent, moi je me douchais. Lilou vient me chercher ça saigne fort : un regard sur les coupures pas de doute, c’est direction le toubib… Et là on peut dire que nous sommes tombés sur des gens en or. Le gérant va voir si le docteur est là, dans le même temps un mexicain s’occupe de Tiago. C’est un moniteur de kitsurf qui gère un hôtel à Madagascar (il parle donc français) et est formé au premier secours, il nous rassure un peu, une fois nettoyé le saignement diminue fortement. Le gérant revient : le docteur est absent, du coup il prend sa voiture et nous conduit à l’hôpital de Bacalard à 30 km. Là ,c’est à croire qu’ils ont été prévenus, on nous reçoit tout de suite. Tiago est terrorisé par la perspective des piqûres d’anesthésie et des points de suture annoncés, il exprime cette peur par force cris… Finalement ce sera deux points aux deux doigts touchés. Décidément ce début d’année n’est pas terrible. Le soir nous somme invités par le gérant pour manger des tacos à la viande et au chorizo rôtis et partager le gâteau des rois, on est le 6, jour de l’épiphanie ! La tradition du gâteau avec des fèves à l’intérieur existe ici aussi, mais celui qui tire le fève ne reçoit pas de couronne : il organise la fête de début février (nous n’avons compris à laquelle ils faisaient référence).

Nous pensions aller encore voir le site de Calacmul, situé au milieu d’une réserve biosphère mais après ce dernier coup du sort, nous abandonnons l’idée. Pas moyen de trouver un hébergement bon marché à Bacalard, du coup on enchaîne pour Chétumal, une étape de 70 km. Là on passe en mode organisation : rassembler les papiers et trouver où se loger à Mexico. Enfin une bonne nouvelle je réussis à joindre la personne qui s’occupe des passeports à l’ambassade : dans le cas de vol avec les copies des passeports volés nous ne devrons fournir que des copies des pièces requises, inutile donc de chercher où se faire envoyer des originaux en urgence et en mode sécurisé… Nous trouvons un logement Airbnb dans nos moyens et pouvons donc acheter nos billets de bus ce sera un coup de 22 heures de trajet pour rallier la capitale, encore une nuit blanche !

Mexico, à nouveau :

Mais pas de visites, ce coup ci…Pas le temps, ni le goût !

Après une nuit dans un lit pour récupérer nous reprenons notre marathon administratif photos d’identité, impression des docs demandées.

Dans le même temps nous cherchons une fourche pour le vélo de Tiago ,la sienne est complètement morte (on savait que partir avec une fourche suspendue pour un voyage aussi long c’était pas une bonne idée), une fourche pour un vélo de 24 pouces avec un tube en un pouce ,ben, personne à ça … Problème insoluble pour le moment.

Le rendez vous à l’ambassade se passe bien, compétence et gentillesse nous accueillent, les demandes sont enregistrées, plus qu’à attendre le mail qui nous informera du retour depuis la France via la valise diplomatique qui arrive chaque lundi. Nous apprenons qu’il y a chaque semaine des demandes de passeports suite à des vols, et ce, rien que pour les français, autant dire que nous ne sommes pas un cas isolé. Désormais les papiers c’est toujours dans la poche de corps, sous les vêtements !

En attendant, on garde le moral en mangeant…Il y a une une petite cuisine dans notre « appartement » !!!

Une réflexion au sujet de “De Merida à Mexico : vive 2019 !!!

  1. Antoinette Marrel CHEVROLAT

    Saludos! Je viens enfin de prendre connaissance de tous vos déboires. Je comprends que ce serait effectivement le 10 février votre arrivée en Colombie. Pour nous informer le meilleur est un courriel. À bientôt!

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