Eveil Nomade

Arrivée en Colombie !

Départ du Mexique :

Par chance nous avons pris un vol de nuit ce qui nous a permis d’avoir le temps de nous rendre à l’aéroport à vélo, avec carton, scotche et cellophane pour emballer le tout sur place. Opération que nous maîtrisons bien maintenant …. ! Nous profitons de tapis de pesée de bagage pour optimiser le poids des sacs. Ensuite attente de l’avion jusqu’à à 1 heure du mat. Mais le guichet d’enregistrement ouvre tôt, là première surprise ils nous demandent d’aller convertir notre document de déclaration de vol en formulaire officiel : on court à l’office d’immigration et finalement cela ne pose aucun problème. Retour au guichet et là grosse surprise, ils exigent un billet d’avion de sortie de Colombie ! Discutions, explications, rien n’y fait… On a moins d’une heure pour trouver une solution. C’est la course au wifi, les enfants commencent à trouver dur de courir derrière nous à une heure pareille, quand à nous on est sur les nerfs…On achète le billet le mois cher avec assurance annulation pour n’importe quel motif. Mais on y perdra quand même le coût de l’assurance et une part du billet. Retour au guichet, ils vérifient la validité de notre billet, ouf, ça passe ! Nous filons à l’embarquement in-extremis !

Arrivée à Bogota après cette nuit très agitée :

Arrivés au petit matin on récupère notre matos, passage de la douane sans problème. On remonte les vélos sous le regard étonné, voir perplexe, des policiers devant deux enfants blancs qui finissent leur nuit à même le béton …

Direction le logement réservé via airbnb. En chemin nous faisons notre premier ptit dej’ Colombien : soupe, œufs et tortillas épaisses. La ville de Bogotá compte de bons trottoirs et quelques pistes cyclables. Nous peinons un peu à l’arrivée, à trouver l’adresse, mais finalement tout se passe bien et nous filons directement à la sieste, rincés par cette non-nuit. En fait ce premier aperçu ne nous aura pas du tout dépaysé, on à l’impression d’être encore au Mexique…

Le lendemain, nous allons visiter un peu cette nouvelle capitale. Et pour commencer, il faut apprivoiser le système de transport local : à défaut de métro, le réseau de bus TransMilenio traverse la ville sur des voies qui lui sont dédiées et qui permettent d’éviter les bouchons. Le système de numérotation des bus est franchement complexe, mais en demandant on finit par s’y retrouver. A l’intérieur il y a les même vendeurs de bricoles qu’à Mexico, seuls les prix ont changé : ici ce n’est plus 10 pesos, mais 1000 Cop (ici 1 euros vaut 3600 Cop …)! Notre premier objectif est le musée de l’Or. Un homme qui nous a entendu parler français dans le bus nous invite à le suivre et nous présente avec enthousiasme Bogotá. Mais, un peu tendu par tout ce qu’on a entendu sur la Colombie, Eric reste su ses gardes. Nous ne nous sentons pas en insécurité, mais les grillages autour de toutes les entrées n’invitent pas à une détente totale.

Le Musée de l’or de la Banque de la République de Colombie, présente l’histoire et l’usage du métal précieux par les civilisations préhispaniques. Un petit film très intéressant présente les différentes techniques de modelage de l’or. Nous y passons la matinée, Tiago prend des notes avec application, mais Lilou décroche rapidement, elle n’a pas encore bien récupéré de sa nuit blanche. Nous poursuivons en visitant les quartiers anciens de la ville (Candeleria) et passons visiter le musée de la Monnaie. Il y aurait certainement beaucoup à voir encore ici mais Lilou n’en peut plus, on rentre.

Le jour suivant, nous allons au musée des sciences de Bogota : le musée Maloka. Moins grand que celui de Mexico, il présente quand même tout un tas d’expériences géniales grandeur nature.

Une planche à clous : même pas mal !!

 Les enfants ont adoré se prendre la foudre dans une cage de Faraday, et toutes les expériences avec électricité ! La simulation des tremblements de terre est bien réaliste. Les personnes qui présentent sont très intéressantes mais l’accent colombien, le langage technique et le débit des paroles ne laissent pas le temps de suivre et de traduire en même temps… Les enfants et Gaëlle passent un peu à côté des explications sur le cerveau et le mouvement.

 

Avant de quitter cette capitale, nous cherchons un vélo pour Tiago, le sien a la fourche cassée (raccommodée avec des bouts de plastique) et il perd ses pédales ! Nous n’avons rien trouvé à sa taille à Mexico, mais ici le vélo semble être un sport roi… Nous trouvons, avec difficulté quand même,  un 26 pouces petit cadre avec freins Vbrek, rivets pour porte bagage et changement de vitesse indexé (la difficulté consistait à répondre à ce cahier des charges!). Je récupère les pneus de 24 pour Lilou et quelques pièces qui serviront.

Premiers tours de roue en Colombie et plein de belles rencontres :

Nous quittons la ville un dimanche et ça tombe bien, le dimanche c’est la « Ciclovia », de nombreuses routes sont fermées aux voitures pour laisser places aux vélos ! C’est carrément génial d’avoir ces avenues pour nous, et de rouler avec des centaines d’autres gens. Il y a même des stands de boissons, d’en cas, qui ouvrent un peu partout. Ambiance familiale et décontractée. Nous finissons la traversée de la ville sur des pistes cyclables, en toute sécurité. Nous sommes attendus par Mauricio , contacté via le réseau warmshower. Le rendez vous est fixé sur la place centrale du village où en attendant notre hôte nous observons les gens qui jouent à des jeux de hasard artisanaux : ils misent quelques centaines de pesos sur des roulettes à clous ou sur un tapis où des dès percutés par une boule de billard, donnent le numéro gagnant ; des enfants font des tours de voiturette électrique. Mauricio vient nous chercher et nous guide jusque chez lui où il nous accueille avec sa femme et son fils de 13 ans. Nous sommes invités à dîner avec eux et apprenons plein de choses sur la Colombie, la politique du pays face à ses différents voisins, notamment le Vénezuela qui vit en ce moment des temps difficiles, engendrant la migration de nombreuses personnes et familles à travers la Colombie.

Nous repartons le lendemain pour une longue descente vers Fusagasuga, Bogotá étant en altitude (2600 m). Il y a quand même une bosse avant cette belle descente.

Nous traversons un paysage de forêts avec des fougères arborescentes. Pour ce soir encore, nous sommes attendus par une famille de warmshowers. Ils ont 2 enfants de 7 et 9 ans : Christopher et Violetta, qui sont impatients de rencontrer les nôtres !

Ils partent rapidement jouer tous ensemble, la barrière de la langue n’existe pas entre eux…même si Lilou me lance des regards un peu perdus quand sa nouvelle amie se lance dans de grands discours débités à toute vitesse ! Les garçons se posent moins de questions et font les fous…

Pas très souriants les enfants…fatigués !

Les parents gèrent leur propre salle de sport à 100 mètres de la maison, lui est un ancien champion de vélo sur piste. Le soir nous faisons plus ample connaissance autour du repas. Nous devions repartir le lendemain, mais ils insistent pour que nous restions.. ; n’ayant pas de limite de temps nous acceptons, à la grande satisfaction de tous. Nos hôtes s’arrangent afin de nous accompagner en randonnée sur la montagne de Quinini. Une belle grimpette de 1000 mètres de denivelée, mais le panorama en vaut la peine ! Nous sommes partis tard et la descente se finit de nuit.

 

Nous repartons direction le désert de la Tacacoa :

La route descend bien, mais c’est une route à gros trafique, deux fois deux voies et ça roule fort. Par chance le bas côté est bon, au moins au début. Cela dégénère lorsque nous arrivons dans une zone de gorges encaissée : le bas côté disparaît et nous serrons les fesses… A mesure que nous descendons la température augmente et devient insupportable : on se retrouve à pédaler sous plus de 42°… Une pause pour goûter les glaces colombiennes (celles au café/coco sont très bonnes…). Nous cherchons où poser notre premier bivouac : tous les champs sont clôts par des portails cadenassés. Nous en trouvons finalement un ouvert où nous allons demander l’autorisation de planter notre tente. La femme refuse dans l’attente de son mari. Celui ci vient nous trouver plus tard et nous invite gentiment à nous installer dans la propriété.

Au matin nous partageons un « Tinto », un café noir, il nous offrent des fruits loco, grappe de fruits ronds, gros comme des petit litchis à la coque lisse et qui contiennent une grosse graine avec un peu de pulpe bien attachée autour (on les surnomme entre nous des fruits-bonbons, car ils se suçotent longuement). C’est bon mais il y a vraiment pas grand-chose a manger.

Nous poursuivons sur la grosse route sous un ciel chargé. Une heure après notre départ, les nuages se déchirent et se déchaînent sur nos tête. Une vrais pluie équatoriale : en 20 minutes les vestes de pluie ne servent plus a rien, on est trempés jusqu’aux os. En arrivant à Espinas, nous apprenons que c’est la première de la saison ! On se retape en avalant une soupe bien chaude. Nous investisons dans la foule dans des ponchos en ciré, on a comme dans l’idée que c’est pas fini…

Nous poursuivons la route au milieu des rizières. Ce n’est vraiment pas idéal pour un bivouac…en raison de la prolifération des moustiques qui nous dégomment très rapidement les jambes ! Aussi, malgré la chaleur étouffante, nous filons nous cacher dans la tente.

Attention, méchante sourie !!!?

Il fait tellement chaud que nous devons radicalement changer notre rythme de vie : désormais nous nous réveillons à 5 heure du matin. La température est supportable jusqu’à 10 heure du matin, ensuite nous nous transformant en flaque… !!! Heureusement, il y a plein de gens super gentils qui nous offrent des petites poches d’eau potable bien fraîche ! On fait donc une grosse pause à midi, mais nous n’échappons pas totalement à quelques heures de pédalage en plein cagnard. Nous croisons deux cyclos italiens, qui passent quelques semaines ici. Ils nous invitent à boire (yess !) et à papoter voyage.

Puis nous nous engageons sur la piste qui mène au désert de Tatacoa. Le paysage s’est peu à peu asséché pour être ici proche d’une savane. La température atteint jusqu’à 48 degrés… ! Dans ces conditions, pédaler est vraiment très très dur, même si nous nous habituons peu à peu. La piste n’est pas mauvaise mais il y a quelques côtes bien raides. Nous avons la surprise de passer par des tunnel ferroviaires abandonnés et sur un pont qui passe au dessus du fleuve Magdalena (le principal fleuve en Colombie).

Nous rejoignons enfin le désert de Tatacoa. Il n’est pas bien grand, surtout en comparaison des grands déserts nord américains, mais c’est bien sympa de retrouver ces paysages ouverts, ces couleurs ocres et les cactus. Nous allons faire une petite ballade avec les enfants, bien agréable.

Nous poursuivons la route jusqu’à Neiva, sans prendre le bac qui rejoint l’autoroute, on nous a confirmé en effet que l’autre route est goudronnée tout du long. C’est une bonne option, très tranquille.

Nous nous apprêtons maintenant à nous engager dans la montagne pour passer la chaine occidentale et rejoindre tout doucement Popayan …

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