Eveil Nomade

D’El Chalten à la Terre de feu : de la pampa et du vent…

El Chalten à El Calafate : du vent et de la pampa !

Nous quittons El Chalten pour El Calafate avec un bon vent dans le dos, qui forcit au fur à mesure que nous nous éloignons des montagnes…Nous filons comme des balles sans nous fatiguer c’est génial ! Nous profitons de très beaux points de vue sur le massif du Fitz Roy, toujours aussi impressionnant. Arrivés en début d’après midi à un « refuge », minuscule cabane abandonnée, nous hésitons à poursuivre pour profiter encore un peu de l’aide du vent, mais être à l’abri du ronflement des rafales est finalement une perspective plus intéressante ! On passe une bonne partie de l’après midi à jouer aux cartes. Le lendemain nous profitons encore un peu de l’aide du vent, mais un virage marqué de la route (nous rejoignons la 40 et prenons à 90° à droite) cela nous fait perdre complètement l’avantage et nous peinons tout le reste de la journée avec un vent de biais. En forçant, nous arrivons quand même à rejoindre le « refuge » suivant (vive Ioverlander !), cette fois ci c’est un ancien hôtel abandonné, nous pouvons choisir notre chambre ! D’autres cyclos s’y installent aussi dans la soirée, c’est une bénédiction de pouvoir échapper au vent ! Nous avalons encore des kilomètres de pampa, rien à voir à l’horizon, mais il y a plein de nandous, les petites autruches que nous avions déjà croisées de loin en Bolivie. Ici, elles sont très nombreuses et facile à observer. Les filles voient aussi un tatou vivant et puis il y a des guanacos partout !

Les derniers trente kilomètres sont réputés durs avec fort vent de face nous n’y échappons pas et combattons plus de 4 heures pour arriver à destination. C’est vraiment horrible, Lilou fait cerf-volant derrière moi et il faut s’arracher pour chaque coup de pédale. Je propose de faire du stop mais Eric préfère continuer…C’est lui qui finit par tracter Lilou, en plus de la charrette, chapeau !

A El Calafate, l’incontournable c’est le glacier Perito Moreno, une des nombreuses langues de glace qui descend « del campo de Hielo Sur » (3eme calotte glaciaire après l’Antartique et le Groenland!). La particularité de ce parc, c’est la proximité avec un énorme front de glace qui avance de 2 mètres par jour et se fracasse dans le lac Argentina. Nous nous baladons de passerelle en passerelle pour observer depuis différents points de vue cette force de la nature

D’El Calafate à Rio Gallegos :

Depuis El Calafate nous avons plusieurs options : retourner au chili pour le parc Torres del pain ou profiter d’un vent favorable et filer à Rio Gallegos. Le tarif des parcs chiliens et la perspective de pédaler à contrevent, nous font opter pour la seconde solution.

Nous filons donc à travers la pampa. Chez nous « la pampa » c’est l’expression consacrée pour dire qu’il n’y a rien à voir…On confirme… Seul le vent nous accompagne, et s’il est plutôt bien favorable dans un premier temps, il finit par devenir latéral, ce qui nous oblige bien souvent à avancer de biais pour compenser sa force ! C’est usant quand même. L’AGVP (équivalent des ponts et chaussées chez nous ) nous laisse manger à l’abri d’un de leurs hangars. Un autre jour jour, nous nous réfugions dans une station service. Il y a peu de dénivelée et malgré tout nous enchaînons des bornes : en 4 jours nous faisons 350 km !

A Rio Gallegos, grosse ville grise et sans touristes, nous réparons les roulements de roue de la remorque qui ont à leur tour rendu l’âme. Le camping est confortable avec une magnifique aire de jeu pour les enfants, qui en profitent pour se faire des amis. Par contre c’est la fin de semaine et le samedi soir les argentin çà fait la fête…

Terre de feu :

Comme le vent souffle toujours et que la pampa ça va une minute, nous trichons en prenant un bus pour les 120 km face au vent qui nous séparent de la jonction pour la terre de feu. Le passage en terre de feu se fait par un ferry qui traverse le détroit de Magellan à « Punta Delgada » (la point étroite). Nous sommes ici à la jonction de deux océans et le détroit est traversé par un très fort courant. Magellan a découvert ce détroit en 1520…C’est l’occasion d’un petit cours aux enfants sur ce grand explorateur… !

Nous sommes repassés au Chili et n’avons donc plus de produits frais. Nous devons donc passer par Cerro Sombrero ; une ville décrépite à la gloire des travailleurs du pétrole (il y a de nombreuses implantations d’extraction d’hydrocarbure au milieu de la steppe). Le camping est gratuit mais sans toilettes ni véritable abri au vent, nous préférons squatter une petite maison en construction. Nous voulions y faire une journée de pause, mais une fenêtre météo – pas de vent – nous incite à enchaîner. Nous rallions une des cabanes refuges qui jalonnent la route, ces petites cabanes offrent un bon abri pour la nuit et nous évitent de monter la tente. Celui-ci se trouve à proximité d’un étang où une petite colonie de flamants rose qui y a élu domicile nous offre un beau spectacle.

Nous laissons le bitume 16 km avant la réserve des manchots royaux. Nous nous régalons à admirer ces magnifiques animaux plus petits que leur cousin empereur de l’antarctique, mais tellement plus proches !

La piste après la réserve est nettement meilleure et nous bénéficions d’un temps incroyablement clément pour la terre de feu : très beau et peu de vent. Franchement en venant ici, on serrait les dents en se préparant psychologiquement à subir vent, pluie et froid…La température monte jusqu’à 30 degrés, nous sommes en vacances !!!!

Les nombreux troupeaux de moutons partagent leur pâture avec les guanacos qui traversent fréquemment la piste devant nous et sautent les barrières d’un bond ; malheureusement nous voyons souvent des corps de ces camélidés morts sur ces barrières : un saut mal calculé ou un jeune manquant d’expérience et c’est fatale, la bête est pendue de part et d’autre, privée d’appuis, sans espoir de se décrocher des barbelés.

Nous avons quitté Cerro sombrero avec une autonomie de 10 jours, nous sommes chargés comme rarement, le hic c’est l’eau : il fait beau et on boit beaucoup… Si en montagne nous trouvions fréquemment de l’eau directement buvable dans les rivières, ici avec les troupeaux de moutons et le cour placide des ruisseaux il en va tout autrement. Notre filtre est totalement hors jeu (3000 litres filtrés on est loin de 50000 annoncés par Katadyn), du coup on fait bouillir et buvons une eau qui tire sur le vert… Ou nous faisons des détour pour récupérer de l’eau claire aux rares endroits signalés.

Nous passons à côté d’une énorme machine abandonnée là : elle à servi de pelle mécanique pour tamiser des gravières à la recherche d’or…Arrivée d’Angleterre en 1904, elle n’a servi que 6 ans, l’écriteau ne nous dit pas s’ils ont trouvé de l’or…
A partir de pampa Guanaco, où nous trouvons de l’eau, nous retrouvons du relief. Certaines collines sont boisées d’arbres tordus, d’où pendent des mousses aux allures de barbe.
Nous passons la frontière en début d’après midi, les bureaux sont ouverts mais déserts. Finalement le préposé laisse sa sieste pour tamponner nos passeports. En Argentine ils sont plus réveillés et nous offrent l’hospitalité, mais voulant profiter du temps calme nous déclinons.

Les kilomètres qui nous séparent de Rio Grande sont pour le moins bosselés agrémentés d’un léger vent de face cela nous donne bien dans les jambes. Nous arrivons à Rio Grande avec les réserves quasi vides, il était temps de nous poser. Le camping relève plus de la maison de famille où nous sommes très chaleureusement accueillis par Graciela. Une pause pour mettre tout à jour et se refaire une santé, le temps ayant changé…

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