Eveil Nomade

Premiers tours de roue au Canada

De New Delhi à Calgary :

New Delhi ne nous a pas franchement plu, trop de bruit, d’odeurs (mélange de pollution, poubelle, urine…), nous pensons avec nostalgie aux montagnes du ladhak ! Mais c’est maintenant le Canada qui nous attend !

Nous quittons l’Inde via Tokyo pour deux vols de 8h et 9h ; un départ un peu tendu en pleine nuit avec quelques complications qui finissent par s’arranger. Nous avons droit au grand confort : des écrans devant nos sièges permettent de choisir des films et un petit déjeuner

est servi à 3h du matin (à notre heure…), bref les enfants ne dorment pas beaucoup mais sont ravis… !

Nous débarquons à Calgary la tête dans les choux avec un décalage horaire de 11 h. Nous récupérons tous nos bagages sans encombre et sortons remonter nos montures. L’aérogare semble déserte : un premier contraste avec New Delhi. Le remontage se passe rapidement on est rodé : les enfants déballent, Gaëlle répartit et gonfle les roues, Eric revisse les morceaux. Nous partons à la recherche d’un supermarket, il y a très peu de circulation, l’herbe bien tondue et des pistes cyclables de partout ! Au supermarché c’est sans surprise l’opulence des pays occidentaux et les prix qui vont avec…Ouille ! Nous notons avec amusement un rayon Indien bien achalandé, avec les même produits que ceux que nous mangions encore la veille ! Nous grignotons vite fait un pique-nique le ciel se couvre et il nous reste une douzaine de km à faire. Nous rejoignons un quartier résidentiel : là encore tout est parfaitement rangé et propre, la ville semble totalement aseptisée et les conducteurs s’arrêtent avant même que nous ayons encore fait mine de traverser ! Le tout sans effleurer le klaxonne… l’Inde est vraiment très loin !

Nous arrivons en fin d’après midi, congelés par une fine pluie, chez des membres du réseau Warmshowers. Encore une fois un super accueil chez ces cyclistes, bien appréciable quand on débarque dans les grandes villes complètement déphasés. La fatigue du décalage horaire se fait quand même sortir et les enfants s’endorment la tête dans les légos…On les « ramasse » pour les jeter sur leur matelas avant de nous endormir dans un grand lit délicieusement moelleux !

Premier jour au canada : nous allons en ville, il nous faut du matos vélo technique, que nous n’avons pas trouvé en inde et d’autre bricoles. La ville est à l’image des quartiers résidentiels : nickelé, presque trop, cela ne semble pas réel… Et quasiment personne ! On apprendra par nos hôtes que la situation économique n’est pas formidable et que la moitié des immeubles de bureaux sont inutilisés, et comme en plus c’est les vacances d’été, la ville semble déserte.

Le lendemain, nous quittons Calgary pour partir en direction de Banff sous un ciel menacant. La sortie de la ville prend pas mal de temps mais reste bien agréable, il y a des pistes cyclables tout du long. Les campagnes qui suivent sont très exploitées et entièrement clôturées. La route, très vallonnée, enchaîne les monte et baisse : nous sortons la corde pour aider Lilou qui peine à suivre sur son nouveau vélo, à New Delhi nous avons laissé sont 20 pouces et le folowme, elle est désormais suffisamment grande pour un 24 pouces mais il lui reste encore à se faire les jambes pour nous suivre complètement seule). Nous trouvons un premier bivouac au bord d’un chemin secondaire, c’est pas terrible mais comme il y a des clôtures partout on est contents d’avoir trouvé ça.

La suite ne change guère côté  route, mais les montagnes commencent à se dessiner à l’horizon. Nous rejoignons la rivière Bow et ses magnifiques eaux turquoises, que nous remontons. Le soir nous trouvons un superbe coin de bivouaque au bord de la rivière où les enfants s’organisent de suite un coin cabane. En soirée des gens arrivent et nous expliquent que nous sommes dans une réserve des Premières Nations et qu’il faut une autorisation pour rester là… Pour l’autorisation on verra ça plus tard, de tout façon à cette heure ci pas question de tout remballer et de partir. Au matin nous ne traînons pas, il semble qu’ils exagéraient un peu ; plus loin il y a d’autres chemins qui eux indiquent clairement leur nature de réserve mais pas là où nous nous étions posé.

Le troisième jour nous arrivons à Canmor nous refaisons les réserves de produits frais. Nous découvrons par hasard que les supermarchés proposent du Wifi gratuit, une sacré aubaine nous ne savions pas comment gérer ça jusque là. L’orage menace et nous allons nous poser dans la forêt  (infestée de moustiques) en bordure de la ville ; dernier camp en sauvage, dans les parcs cela ne sera plus possible.

Le Parc National de Banff :

Nous reprenons la piste cyclable direction Banff juste un petit arrêt pour acheter le pass pour les parcs. La piste cyclable est très fréquentée mais très agréable : bien qu’elle suive l’autoroute, de bonnes portions sont en pleine forêt. Nous faisons la connaissance d’une péruvienne très enthousiaste.

La première fois que nous sommes venus au Canada, nous avions été décus de ne pas profiter plus du « wild », restant cantonnés sur des routes trop larges et circulantes. Cette fois nos enfants sont assez grands et nous prévoyons de faire plus de rando que de vélo, histoire de voir un peu de belle nature et si possible des animaux !

Lac Minnewanka :

Notre premier arrêt sera pour le lac Miniwanka. On se pose au camping de Two jack (le gros), le petit au bord du lac était complet, le gros était également marqué complet (les gens réservent à l’avance via internet) mais ils ont des places réservées pour les cyclistes et piétons. Les camping ici c’est grand luxe : un énorme espace (la place est prévue pour des gros camping-car), une table et un coin feux !

Le lendemain nous prenons la navette gratuite pour aller au départ de la randonnée nous avons le temps de regarder une femelle wapiti qui broute paisible à 50 mètres de l’arrêt. La rando est bien agréable : petit sentier, presque personne à cette heure, le lac limpide et autour de très belles montagnes. Nous laissons à Lilou et à son flot de paroles continu, le soin d’éloigner les Ours…Visiblement nous ne passons inaperçus avec nos vélos, des gens s’arrêtent pour nous demander si c’est bien nous qui arrivons de Calgary à vélo ! Le retour est un peu plus dur, la marche c’est pas les mêmes muscles que le vélo et les enfants ronchonnent… Nous avons le loisir de regarder des bouquetin-chèvres juste au bord de la route. De retour au camping les enfants retrouvent immédiatement la forme… pour aller jouer ! Peu après Tiago arrive en courant super content : un ours noir est là, dans camping à 100 mètres ! Il repart aussitôt en courant pour le voir, sa sœur sur les talons, heureusement l’ours est assez loin j’aurai à peine le temps de le voir avant qu’il continue sa route vers d’autres tentes …(il y a énormément d’espace entre quelques groupes de tentes, et bien que le camping soit immense on a l’impression d’être en pleine forêt).

Canyon Junction :

Le lendemain, nous passons par Banff (la ville) au centre d’info et à la bibliothèque pour le Wifi. Ensuite on enchaîne pour le camping de canyon jonction et une autre rando. Malgré un temps à la pluie, nous partons au plus tôt pour éviter les foules. La balade est sympa mais on a un peu le sentiment du spéléo qui visite une grottes aménagée: passerelles, barrières, bancs, garde-fou… Heureusement après la dernière cascade c’est un peu plus sauvage jusqu’au « pots d’encres » des vasques où bouillonnent des sources froides plus ou moins chargées de minéraux, colorant les bassins de divers tons de bleu -vert. La pluie nous rattrape et nous pic niquons sous des pins, mais avec ce temps nous n’avons pas le goût de poursuivre plus loin …

Nous sommes à la mi temps de notre première étape au Canada et accordons une journée temps mort aux enfants avant de poursuivre jusqu’à Lacke-louise. Le temps est humide et froid, une bonne excuse pour profiter du poêle et se faire un bon repas de gnochis maison !

Moskito Creek :

Une petite journée jusqu’à Lacke-louise où nous voulons nous poser au camping pour faire de la randonnée autour. Les enfants sont motivés pour s’arrêter tôt et poussent sur les pédales : nous faisons les 35 km dans la matinée. Mais tout est complet, y compris les places partageables et celles réservées au « non motorisé »… Nous devons faire encore 30 km jusqu’au prochain camping avec en prime une bonne montée… Heureusement la route est bonne et l’Inde nous a fait les jambes ! Nous arrivons tard, tout est plein bien sûr  mais on profite de la place commune : un petit coin d’herbe cerné par des énormes camping cars ; un véritable bus se pose juste à côté  de nous… Au matin une place s est libérée nous permettant de nous poser mieux pour les deux nuits suivantes. Nous faisons une première balade, en vélo léger, en direction du premier col sur la Icefields Parkway. En chemin le lac Bow invite à la promenade : nous commençons à vélo mais le sentier devient impraticable au bout du lac et nous attachons nos montures pour une belle petite promenade facile jusqu’à la cascade du lac Bow, très impressionnante et qui sort directement du glacier. De retour sur la route Eric termine les six km qui permettent de rejoindre le col et d’admirer les eaux bleues du lac Peyto. Pour les enfants la balade aura suffi.

Une seconde balade nous permettra d’admirer les montagnes depuis le col Molard. Encore un beau sentier qui nous porte le long du ruisseau Mosquito entre les sapins jusqu’aux alpages. Nous sommes seuls, l’espace est immense, sauvage, rien n’indique de présence humaine à perte de vue, c’est vraiment beau. Un petit lac et des marmottes pas farouches marquent le terminus de la journée.

Parc National de yoho :

Nous repartons ensuite pour Lacke-louise refaire nos réserves, profiter du Wifi et des prises de courant du centre d’information, avant de quitter le parc de Banff pour celui de Yoho. Gaëlle nous trouve un shunt de l’autoroute par une ancienne route fermée à la circulation motorisée : un bon coup de cul pour quitter Lacke-louise mais cela en valait la peine. A l’entrée un panneau indique la présence d’ours et nous restons sur nos gardes en espérant en voir un, de loin…Malheureusement nous ne verrons pas la truffe d’un plantigrade ! La route est tranquille et traverse la ligne de partage des eaux où un ruisseau difflue, envoyant la moitié de ses eaux à l’atlantique et l’autre au pacifique. Nous finissons la journée dans un camping qui offre un divertissement aux enfants les soirs: une sorte de jeu de l’oie géant avec des questions sur la nature…Ils n’y comprennent rien mais sont bien contents de participer.

La matinée suivante est courte, 13 km et 350 mètres de dénivelé seulement pour rejoindre le camping de Takakkaw falls. On s’est mis un peu la pression pour arriver tôt et nous trouvons une belle place. Là encore on se pose plusieurs nuits pour faire les randos du coin.Une petite visite à la cascade occupe cette première journée. On apprend que « Takakkaw » signifie « c’est merveilleux » en langage des Indiens Cri, c’est toujours bon à savoir !

Une première balade nous permet de découvrir la petite vallée de Yoho jusqu’au glacier. Un départ en forêt qui laisse progressivement la place au minéral. Après le pic-nique ,nous abandonnons nos enfants aux ours pour aller voir un plus loin. Il n’y plus de sentier, des cairns guident notre progression au milieu des roches qui nous ravissent avec la variété de leurs formes, structures et couleurs, nous devons franchir d’un bon les affluents qui vont grossir la rivière. Nous aurions aimé aller encore plus loin mais nous savons que le retour sera déjà long pour les enfants, même s’ils marchent mieux maintenant.

Notre seconde randonnée doit nous rapprocher d’autres glaciers. Le départ est dur pour les enfants qui n’ont pas de le goût de se bouger aujourd’hui…Pas toujours facile de suivre des parents qui ont la bougeotte ! Des histoires permettent de monter sans trop de ronchonneries. Après un rapide gain d’altitude dans la forêt nous débouchons à proximité des glaciers. Superbes paysages, bien que plus fréquentés que nos randos précédentes.

Workaway : on se met au boulot !

En deux petites journées de vélo nous quittons les parcs et arrivons à Golden : là nous nous arrêtons pour deux semaines d’anglais intensif dans une famille où nous échangeons le gîte et le couvert contre quelques heures de travail (via l’association workaway). Nous sommes accueillis ici comme de vieux amis, rien à voir avec un « vrai » travail. Ils ont à cœur de partager le goût qu’ils ont de leur région et nous font visiter quelques jolis coins à proximité. Et les enfants sont ravis d’avoir des camarades pour partager leur jeux, ils progressent en anglais sans s’en rendre compte !

3 reflexions sur “Premiers tours de roue au Canada

  1. Antoinette Marrel CHEVROLAT

    Je viens de reprendre contact avec vous et votre voyage! Quel bond entre les deux pays, l’Inde et le Canada! Formidable pour les enfants et leur connaissance des mondes si différents! Bonne route!

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