Eveil Nomade

Philippines : sud de Luzon, Samar, Biri et San Antonio

De Manille à Legazpi :

Un vol court et nous débarquons à Manille contrôle passeport, récupération des bagages, passage de la douane : c’est quoi dans les cartons ? Quatre vélos, OK rien de plus. Nous remontons nos machines sous des regards curieux ou amusés, avec les enfants qui jouent les idiots dans les cartons vides. Le but c’est de tenter d’enchaîner direct avec un bus pour Legazpi, traîner à Manille ne nous tente pas trop et puis tant qu’on est chaud autant reprendre une nuit de plus dans un bus assis… Gaëlle cale MapsMe et c’est parti… Nous retrouvons des vélos porteurs avec deux ou trois personnes dans le « side-car », les indétrônables jeepne sont là aussi. La pauvreté est incontestablement très présente, de nombreux enfants n’ont pas de chaussures, des sacs de diverses récups sont triés sur les trottoirs. Les gens sont plutôt souriants et sympathiques en voyant nos attelages et nos bagages. Arrivés à la bonne gare de bus après un raté. C’est de nouveau une attente de plusieurs heures. Quand le bus arrive, il n’est pas vide : le chauffeur regarde nos vélos de travers et dit non ! Oups, Gaëlle ne lâche rien finalement une soute fermée jusque là s’ouvre, elle est quasi vide je la squatte de suite en voyant arriver un diable bien chargé de colis. Toutes les sacoches et boudins seront entassés à nos pieds, la nuit s’annonce confortable… Au petit matin le jour nous dévoile le volcan Mayon avec son panache de fumée nous arrivons à Legazpi et trouvons rapidement un hébergement. On est décalqués et brillons par notre inefficacité. Le soir nous pouvons voir les coulées incandescentes qui descendent les pentes du volcan. Nous sommes à 10 km mais c’est tout de même un beau spectacle. Nous faisons prolonger nos visas : formalité réalisée en 15 minutes ! Au sortir de l’agence de l’immigration, nous tombons sur un magasin de vélo super bien achalandé avec un personnel sympas et compétant. Du coup nous faisons changer le boîtier de pédalier de Tiago pour moins de 5 euro pièce et main d’œuvre ! Nous trouvons également des manettes pour les vitesses de Lilou (le système Revoshift c’est vraiment une trop grosse merde). Seul bémol pour le moment nous ne trouvons pas trop de fruits et légumes à un prix abordable, il y a une quantité incroyable de fast food, quelques bouiboui où nous pouvons manger de bonnes choses mais qui sont malheureusement servies froides avec du riz tiède… Nous n’aurons pas la chance de revoir le volcan aussi dégagé que le jour de notre arrivée, il semble agir comme un aimant à nuages..

Premiers tour de roue aux philippines : le sud de Luzon

Nous quittons Légazpi le 11 direction Donsol. A peine une demie heures après notre départ, une légère pluie commence. Elle vire rapidement à l’averse : nous somme trempés, mais à 25° cela se supporte bien ! Une trop grande confiance en nous, nous coûte un aller-retour de 9 km. De retour sur la bonne route une surprise nous attend : en bas d’une descente, la route bute sur un pont en construction. Le chantier se contourne par un bourbier… Nous devons pousser nos chargements, les sandales glissant dans ce cloaque, qui cherche sournoisement à nous les subtiliser. Après un bel effort collectif nous retrouvons le béton de la route. C’est dur, mais on s’est bien amusé! Nous enlevons le plus gros de la bouillasse dans une flaque glauque, pour le plus grand plaisir des enfants qui en rajoutent en se « toilettant » en entier… Au point ou on en est ! Je remonte sur le vélo le premier, appuie sur la pédale : un gros « crack » se fait entendre ! De la boue a bloqué mon dérailleur, la vis de fixation a cassé net dans le cadre et les chapes se sont éclatées, là ça sent pas bon… Par chance la vis cassée dépasse suffisamment pour que je parvienne à la retirer avec la pince multiprise ! Sauvés ! Je sors le dérailleur de secours, le dérive chaîne et peux réparer sous la pluie… Des gamins grelottants, pieds nus dans la boue et lourdement chargés d’eau, restent observer le spectacle. Quand aux nôtres, ils jouent à faire des barrages de boue. ..

Après tout cela il est temps de chercher un bivouac que nous dégotons sans trop de mal. Au matin un gars super souriant vient nous trouver. On échange un peu : ici tout le monde parle anglais (bien mieux que nous d’ailleurs) et on peut enfin communiquer, contrairement au reste de l’Asie où les échanges sont beaucoup moins évidents. Il part et revient avec deux noix de coco ! Nous en buvons une, après quoi il nous confectionne un « cuillère » à la machette dans les fibres de la noix. Il la coupe ensuite en deux et nous pouvons manger la chaire en formation : la consistance de blanc d’œuf pas cuit est peu ragoutante mais a bon goût. En route pour Donsol nous suivons les panneaux et snobons la carte de la tablette. Le profil est une suite de monte et baisse bien raides. Les cocotiers prédominent mais il reste encore quelques arbres de belle taille au feuillage exubérant. Cette végétation diffère sensiblement de ce que nous avions vu au Cambodge ou en Thaïlande. Le tracé fil droit dans la pente et le cardio prend cher ! Au bas d’une descente la route s’arrête net sur une colline ! Nous sortons la tablette pour nous rendre compte que nous sommes dans un blanc de la carte… Pas franchement motivés pour refaire les méchants monte et baisse que nous venons de passer, nous demandons notre route : les autochtones nous indiquent un chemin bétonné, genre un mètre de large, mais super sympa ! Il serpente entre les collines au milieu des rizières, puis nous retrouvons un axe plus gros… presque deux mètres de large ! Par contre pour les pentes là ça dégénère complet et nous devons pousser à plusieurs reprises. Quand nous retrouvons une route digne de ce nom, nous sortons la tablette qui nous localise enfin. Pendant la pause repas / école, nous sommes distraits par un ramasseur de noix de coco : il grimpe à main nue en haut d’arbres de plus de 15 m, enlève les palmes fanées et coupe à la machette les noix mûres, le tout en se tenant des pieds et d’une main ! En traversant un village sur une petite ligne de crête nous voyons des fèves de cacao qui sèchent, un petit cacaoyer avec ses cabosses le long du tronc se trouve un peu plus loin, c’est la première fois que nous en voyons en Asie. Les église sont omniprésentes et les saintes vierges remplacent les bouddhas dans ce pays à 80 % catholique.

Nous arrivons à Donsol à 15h30 après 570 mt de dénivelé, on va peut être arriver à reprendre la forme…

La photo n’est pas de nous…

La photo n’est pas de nous…

Nous sommes venus ici spécialement pour voir des requins baleines… Nous avions déjà pu nager avec ces poissons géant en Basse Californie, au Mexique, et nous voulons partager cette expérience avec les enfants. Etant les seuls touristes pour le moment, nous devons louer la bangka en entier, c’est plus cher que prévu, espérons que l’expérience en vaudra la peine… Nous partons pour 3 heures de bateau. Au départ nous cherchons tous de l’œil un aileron au milieu des vagues agitées, attente impatiente qui finit par lasser les enfants au bout d’une heure… Après 2 heures de vaines recherches, nous sommes un peu déçus et n’y croyons plus trop. On nous propose une baignade et le moral remonte : c’est un jardin de corail absolument magnifique, des formes et des couleurs incroyablement variées ! Les enfants sont à l’aise malgré la hauteur d’eau, le mois que nous avons passé à Ko Phayam n’aura pas été inutile ! Nous remontons dans le bateau, il est l’heure de retourner au port, et alors que nous n’y pensions plus, des pêcheurs indiquent qu’ils viennent de voir des requins baleines : les gars qui nous accompagnent sont sympas, malgré le temps passé ils font demi tour et trouvent la bête ! Là ça ne rigole plus, on s’équipe rapidement, il va falloir sauter du bateau en marche ! Pour Lilou pas de problème, mais Tiago a une petite forme et notre guide a vu précédemment qu’il hésitait a sauter franchement, du coup il l’aide. Dès que nous sommes à l’eau nous rejoignons l’énorme bête, qui doit faire 6 ou 7 mètres de long ! Nous la suivons en poussant à fond sur les palmes, j’aide Lilou à tenir le rythme mais nous sommes largués assez vite… Nous remontons dans le bateau et il nous rapproche une seconde fois de l’animal. Cette fois Tiago ne le sent pas et reste sur le bateau. Nous sautons, tournons la tête à la recherche du requin baleine et l’apercevons qui fonce droit sur nous, sa bouche énorme entrouverte ! A peine le temps de se pousser, et de tirer Lilou sur le côté ! Nous essayons de le suivre mais nous avons du lui faire peur car il plonge en eaux profonde. C’est fini pour aujourd’hui mais nous sommes super contents de cette rencontre !

Nous rentrons en début d’après midi le temps de trouver un bouiboui où l’on nous sert à manger chaud, c’est vachement meilleur ! Il reste même du temps pour changer le zipper de la tente qui a rendu l’âme. Heureusement « Alpiniste.fr » a super bien assuré le SAV et m’a fait parvenir des zippers de secours.

Nous repartons direction Matnog, où nous prendrons un ferry pour l’île de Samar. Le temps n’est pas au beau fixe, du coup, nez dans le guidon pour nez dans le guidon, nous prenons la route principale. Le dénivelé ne manque pas pour autant mais tout le trajet est très urbanisé, l’inter village n’existe pour ainsi dire pas. Nous prenons plusieurs averses sur la tête et sommes bien trempés, mais la température aidant on supporte… En milieu d’après midi, encore sous la pluie, nous trouvons un coin de bivouac : malgré un gros fossé à franchir, les opportunités étant rares, nous faisons l’effort de passer tout notre bazar de l’autre côté. La place est sympa juste, sous un très bel arbre qui s’avérera être un arbre à noix de pékans, part ailleurs très bonnes fraîches… La propriétaire des lieux vient nous trouver : très gentille, à l’image des contacts que nous avons eu jusque là, elle nous propose d’aller dans sa maison et tout ce que nous pourrions avoir besoin ! Comme nous avons déjà tout, nous demandons seulement si il est possible de camper : pas de problème. Le matin il pleut et nous trainons à nous préparer, pas motivés…mais nous sommes dans une flaque et le tapis de sol commence à prendre l’eau ! On plie et attaquons sous la pluie. Une fois partis cela ne se révèle pas si horrible. Il y a pas mal de zones de travaux d’élargissement de la route mais la circulation reste acceptable. Les zones plates sont de suite exploitées en rizières et nous voyons toutes la déclinaison des pubs pour les produits phytosanitaires : herbicides, insecticides, molucides, fongicides, gliphosates, tout y passe ! L’idée de filtrer l’eau des rivières nous passe complètement ! A Matnog nous trouvons le bateau sans problème. Une fois à bord nous patientons en regardant les enfants du coin jouer à sauter du haut des ferry et à nager jusqu’à un autre bateau pour se faire remorquer ! Ils s’enfuient quand celui ci met les moteurs à fond… La sécurité portuaire est un rien différente de chez nous… La traversée dure 2 heures, la grosse houle barbouille un peu Tiago. Depuis la mer nous avons une superbe vue sur le volcan Bulusan (nous sommes passés au pied mais il avait le nez dans les nuages!). Sur Samar nous devons dormir un nuit en guesthouse : trop tard pour enchaîner.

Le matin nous franchisons la bosse qui nous sépare de Lavezares. Les cocotiers sont toujours très présents : les gens cassent les noix en deux, les exposent au soleil pour que l’amande se détache plus facilement. Ensuite les amandes sont sorties et remises à sécher. Elles se racornissent et noirssicent. Elles prennent alors le nom de copras et seront vendues pour être pressées et en faire de l’huile.

On ne le voit pas mais Tiago est dans l’écume !

Au port c’est un bateau bien plus petit qui nous permet de rallier l’île de Biri en 1h30. Nous trouvons pour notre tente un « beach camp » qui à connu des heures meilleures. Nous sommes les seuls et nous nous demandons si il y a d’autres touristes qui viennent par là ! Nous sommes venus là pour voir de fameuses formations rocheuses, sculptées par la force du vent et du pacifique. La nature donne un spectacle magnifique : les vagues se fracassent sur les rochers avec une force phénoménale, projetant l’écume à plusieurs mètres de haut. Nous nous approchons en gardant une distance de sécurité mais Tiago aura quand même en belle frayeur en se faisant balayer par l’écume d’une vague !

Les roches semblent être des strates sédimentaires recouvertes d’une couche de basalte ayant joué le rôle d’une protection : les zones inférieures on été érodées, creusant ainsi des surplombs. Les parties dures sont elles grêlées de trous plus ou moins gros conférant à l’ensemble un aspect lunaire. Nous profitons également d’un lagon à l’eau limpide pour nager un peu à l’écart du fracas des vagues. Au camp, Lilou se fait quelques amies : pas besoin de parler beaucoup avec un ballon !

Retour sur Samar prochaine étape : l’île de St Antonio. Nous cafouillons un peu pour trouver le port , qui s’avère être finalement à San Isidro. A midi nous prenons un riz dans un bouiboui et gouttons également le « halo halo » un dessert local à base de glace pilée, de lait concentré et de morceaux de fruits secs et confits. Ce n’est pas au goût d’Eric et de Lilou. La traversée ne dure que 30 minutes mais elle franchit un bras de mer parcouru par un fort courant. Le pilote maîtrise sont affaire : il ralentit pour franchir les vagues qui viennent de biais puis reprend de la vitesse. Nous ne profitons pas vraiment de la ballade : le pétardement du moteur est absolument insuportable ! Ces gars doivent devenir complètement sourds ! Nous abordons sur une plage et devons trimballer tout notre bazar sous le regard d’une vingtaine de personnes qui commentent tous nos faits et gestes. Pas de chance, le pneu de Tiago est à plat et il faut le réparer au milieu d’une petite foule d’hommes désoeuvrés… ça nous met la pression et on s’éloigne au plus vite !

Sur St Antonio nous voulons fêter les onze ans de Tiago. Nous trouvons un coin super sympa dans un ressort luxueux : nous y plantons notre tente et profitons de tout le confort pour seulement 2 euros ! Saint Antonio est réputé pour ses coraux et ses eaux cristallines. Sur la plage, en face de la tente, nous profitons déjà un peu des fonds : des étoiles de mer de toutes tailles, des poissons et quelques coraux. Un petit tour de vélo et nous trouvons un superbe site en nous arrêtant au hasard !Un gars qui travaille là nous indique encore un autre spot en face de Pilard. Nous irons voir ça dès que possible. Nous fêtons l’anniversaire de Tiago en organisant quelque « épreuves » dans l’eau : jeux de piste, plongeons, apnéeMalheureusement le vent se lève et crée de belles vagues…Avec le courant, les enfants se fatiguent vite et nous frôlons la cata avec Lilou que je dois ramener d’urgence sur la plage ! Une belle frayeur et une belle leçon aussi ! Nous retournons rapidement à l’eau, pas question de rester là-dessus. Un beau thon grillé à la braise servira de gâteau d’anniversaire, sans bougies, elles fondent à l’air ambiant sous ces latitudes !!! Et Tiago a été gâté, ça ne va pas arranger le poids de la sacoche de jeux …

Une réflexion au sujet de “Philippines : sud de Luzon, Samar, Biri et San Antonio

  1. aymeric

    waouuuu Sa donne envie les requins baleine sa doit etre inoubliable quant a la pluie et bien nous l’avons aussi mais a 8° on ne reste pas dessous!!! Pour nous notre voyage en grece se rapproche bon ce ne sera que 10 jours! on verra si on a meilleur temps que vous.
    allé a bientôt les amies et faite nous encore réver.

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