Eveil Nomade

Fin de notre séjour aux philippines

Sipaway :

Prochaine étape l’île de Sipaway : toute petite île facilement reliée par un de ces petits bateaux au moteur trop bruyant. Une route en béton sans circulation ni relief nous permet de relier rapidement un « beach resort »  qui a connu des jours meilleurs : les bâtiments délabrés par le IMG_0994temps ou les intempéries sont laissés en l’état, certainement faute de moyens. Nous plantons notre tente dans ce coin tranquille , à droite la mangrove offrira un terrain de jeux aux enfants, en face la mer où nous pourrons une fois encore profiter des coraux. Malheureusement les plus beaux serons trop loin pour les enfants. L’île semble très peu peuplée, ici il y a seulement les commerces de base où l’on peut acheter, à travers une trappe, les produits conditionnés en toutes petites quantités qui sont proposés derrière les devantures grillagées. Les gens qui viennent à la journée, débarquent avec leur provisions achetées aux fast food de San carlos. Avant de quitter l’île nous faisons un détour pour voir un arbre signalé sur les panneaux, nous ne sommes pas déçus : un énorme banian trône au milieux de la cour de l’école, ses troncs multiples offres de nombreuses cachettes mais restent suffisamment bas pour être escaladés facilement, nous imaginons un pareil terrain de jeux à l’école d’Arith…

Casse de la fourche de Lilou…

De retour à San Carlos nouvelle complication : alors que nous étions bien motivés pour traverser Négros dans sa largeur malgré le dénivelé annoncé, nous constatons que la fourche du vélo de Lilou est cassée là où se fixe le moyeux (certainement les chocs avec le folowme). Bien sûr c’est de l’alu donc pas soudable et ici une fourche 20 pouces format vtt ben y a pas ! Nous remanions nos plans et prenons un bus pour Bacolod. Même dans cette grand ville c’est pas gagné, la fourche type Vtt, plus les autres réparations à faire sur le vélo de Lilou (le moyeu entre autre) nous coûteraient plus cher qu’un vélo neuf… Ce sera donc un vélo neuf en espérant qu’il tiendra le coup en Inde. Je récupère les Vbrek shimano les bons pneus et autres que je remonte sur le nouveau vélo qui a tout même un petit plateau de plus, c’est toujours ça !

Petit détour sur Negros avant de rejoindre Guimaras :

Nous partons pour Pulupendan, d’où nous rejoindrons Guimaras. Afin de fuir la circulation nous suivons l’itinéraire vélo proposé par MapsMe ce sera la dernière fois : ces itinéraires sont probablement destinés aux Vtt à vide mais certainement pas aux cyclotouristes bien chargés ! Nous nous retrouvons sur des chemins herbeux limite cul de sac, ou sur des pistes de gros galets avec des coup de culs infernaux, où en plus de l’effort pour monter nous devons luter pour garder l’équilibre entre les cailloux. En revanche c’est parfait pour que Lilou essaye son nouveau vélo loin de la circulation ! Nous allons nous poser une nuit à Mumbuktal ou nous espérons voir des sources chaudes et faire une belle promenade en forêt… Mais en arrivant au coin camping nous déchantons : c’est un vrai dépotoir et les emplacements sont trop petits pour le tipi. Nous nous posons sur un espace plus ou moins commun… Les bassins chauds, d’où émane une forte odeur de soufre, ne nous attirent pas plus que ça, il fait bien assez chaud ! Par contre la balade en forêt nous motive bien, les arbres sont magnifiques ici. Mais des gardes nous arrêtent dans notre élan en voyant les enfants : « interdit au moins de 12 ans », on doute fortement que cela leur aurait posé des difficultés… Nous pouvons tout de même admirer des dizaines de grosses chauves souris qui pendent sur les arbres au dessus de la rivière chaude, ça doit créer un micro climat qui leur convient bien ! Nous plions le camp et remontons sur les vélos, une quarantaine de kilomètres nous sépare du port. La route nous oppose encore de belles pentes, tellement fortes que les zigzags ne suffisent plus et je dois dételer la remorque et monter en deux fois…Tiago et Lilou se font plaisir à nous doubler dans ces montées infernales ! Sur ces pentes de belles rizières en terrasse sont cultivées ou encore pleines d’eau. Encore quelques effort et c’est la descente nous bivouaquons à coté d’un champ de canne à sucre. Dans le champs voisin un agriculteur laboure patiemment sa terre avec un soc tiré par son buffle.

Guimaras :

Au matin on ne traîne pas ,nous voulons prendre le bateau pour Guimaras dans la foulée, mais le départ sera à 15h… Nous meublons la journée entre courses et école. Le ferry remue déjà alors qu’il est amarré, une fois en mer le roulis crée une balançoire intéressante… Nous débarquons sur l’île des mangues en fin d’après midi et partons vers le sud. Nous trouvons facilement un coin de bivouac tranquille sous le grincement des bambous géants. Cette partie de Guimaras n’est pas très urbanisée, la route est une suite de monte et baisse où nous laissons des watts. Tiago double ses parents en pleine côte sans l’ombre d’un scrupule, il va vraiment falloir penser à le charger un peu plus celui là ! Nous allons profiter une dernière fois de la mer vers Delores, peu avant Nueva Valencia. La plage est belle : rochers, palmiers et une eau translucide remplie de poissons et de coraux ! Malheureusement les eaux sont pleines de méduses de 5 à 30 cm de diamètre, apparemment c’est la saison…Les enfants ne traînent pas dans l’eau, les touristes philippins présents ne semblent pas faire grand cas de ces gluants nageurs. Nous profitons tout de même de cet aquarium en louvoyant entre les méduses.

Puis nous laissons la mer et rentrons dans les terres pour rejoindre le port de Jordan. Cette partie de Guimaras compte de nombreux manguiers et nous sommes en pleine saison des récoltes (en fait on vient de louper la fête des mangues!) certains ont tous leurs fruits habillés de papier journal, cette précaution doit les protéger des insectes. Ce travail d’équilibriste est effectué directement depuis le bout des branches sans l’ombre d’une corde… Nous dégusterons quelques un de ces délicieux fruits, les restaurants proposent la mangue à toutes les sauces, même en pizza (on ne tentera pas…)

Iloilo :

Seulement 15 minutes de bateau sépare Guimaras d’Iloilo. Grâce au réseau warmshower nous sommes attendus en fin de journée par Philip, ce qui nous laisse le temps d’aller chercher les billets de bateau pour retourner à Manille. Ce qui pour nous devait être une formalité, tourne au parcours du combattant : notre première demande trouve pour réponse « full booking », tant pis on demande des billets pour le jour suivant, mais ideme… On nous propose un départ le 1er en fin d’après midi, la veille de notre départ avion, ce serait trop juste pour trouver les cartons et emballer les vélos. On demande un départ depuis Roxas un port plus au nord : « full booking »…Aïe! là ça se complique sérieux ! Une dame devant nous achète un billet au départ de de Catitlan, Gaëlle percute, c’est un autre port complètement au nord, on demande et là il y a de la place : on prend les billets, cela veut dire que nous devrons nous faire 7 h de bus en prime !

Nous faisons quelques courses et allons chez Philip, comme toujours nous trouvons une personne super sympa et intéressante et comme il doit se rendre à Manille pour sont travail il nous laisse sans hésiter sa maison pour deux jours ! C’est fou de voir comme on se sent facilement chez nous n’importe où, et là nous apprécions vraiment le confort de tout une maison rien que pour nous (et la cuisine!). Nous profitons aussi de cette espace pour mettre les vélos à jour pour l’Inde : chaînes dérailleurs cassettes, c’est pas du haut de gamme mais les nôtres ont tellement de jeux que nous avons pas le choix, seul le moyeux de Tiago pose problème : moyeux 8 vitesses en 32 trous c’est pas courant. Je trouve un magasin qui refait le moyeu en changeant les billes espérons que ça tiendra 2 mois… Nous récupérons également un colis que Philip a bien voulu recevoir pour nous, nous avons donc un réchaud neuf pour l’Inde. Nous passerons la dernière soirée avec Philip, il connaît énormément de choses sur l’agriculture philippine, les problèmes environnementaux, l’économie du pays… nous aurions pu en apprendre bien plus si notre anglais avait été meilleur…

On laisse Iloilo, sept heures de bus et nous arrivons à Catitlan où nous trouvons un hôtel pourri et pas cher pour attendre le bateau.

Catitlan :

Le bateau part à 21h et arrivera à 6h du mat impeccable, une nuit et tout le temps à l’arrivée. Enfin ça c’était sur le papier, bon d’accord en petit il est écrit horaire estimé… Finalement le bateau part à 3h du mat… Les enfants dorment un peu sur le quai mais c’est pas top-top. A bort du bateau nous découvrons des énormes dortoirs avec une centaine de lits par salle. Je ne sais pas si le philippins ne ronflent pas, ou si on était complètement crevés mais on a bien dormi. A Batangas on trouve un camping et le lendemain nous enchaînons pour Pasay dans la banlieue de Manille pas loin de l’aéroport. Monstrueuse pollution, et une circulation d’enfer, on fait le minimum de kilomètres pour se trouver un hôtel « avec parking » (pour démonter les vélos). On trouve un truc assez lugubre, sans fenêtres, mais l’idée de traveer plus longtemps cette ville à vélo ne semble vraiment pas raisonnable (et pourtant nous sommes bien aguerris aux traversées de grosse ville!). La pauvreté est omniprésente, nous voyons des enfants qui dorment sur les trottoirs avec pour seul matelas un carton, ça fait mal au cœur. Nous cherchons les quelques bricoles qui manquent pour les vélos, pas moyen de trouver des patins de freins vtt !

Petit bilan :

Au bilan les Philippines se sont révélés très agréables, nous craigniions un peu, à cause des nombreux bateaux à prendre mais ils ont l’habitude et tout se passe toujours bien. La variétés des paysages entre mer, jungle et colline ,la diversité des îles les unes par rapport aux autres. Seul vrai bémol c’est le goût prononcé des philippins pour la nourriture sucrée tout est « sweety » et les fruits et légumes ne font pas partie des mets les plus simples à trouver, par contre pour les fan des fast food c’est le paradis… Malgré les mises en gardes des agences gouvernementales de tous poils, nous n’avons pas ressenti d’insécurité particulière mais la propagande fonctionne bien car nous n’avons pour ainsi dire pas croisé de touriste blanc. Pour nous le bilan est positif.

En route pour l’Inde :

L’emballage des vélos se fera avec des cartons de supermarché en mode patchwork, nous n’avons pas mis la main sur des cartons de vélos, mais du coup c’est plus léger pour l’avion. Le 4 on est fin prêt, mais l’accueil de l’hôtel qui devait nous appeler un big-taxi, zappe et va appeller en dernière minute un taxi simple… bien sûr ça ne passe pas ! Eric file chercher un deuxième, on tasse tout et ça tient, ouf !

Heureusement nous avions pris de la marge, c’est pratique quand on se trompe de terminal et qu’il faut prendre un bus de plus… Le premier vol prend une heure de retard mais on à la correspondance Kuala Lumpur. A New Delhi c’est une autre histoire : il faut rallier le terminal 2, un gars essaie de nous vendre un tour de taxi mais un mec sympa nous explique que c’est  5 minutes à pied ! En suivant les panneaux avec des chariots pour notre bazar, pas de problèmes. Le plus cool c’est que nous pouvons faire enregistrer les bagages immédiatement, dans un terminal désert, alors que le vol part le lendemain matin ! Ils nous demandent juste un bakchiche pour les vélos, on dit rien vue que personne ne réclame les 4000 roupies qu’aurait pu demander Go Air. Aux contrôles de sécurité il n’y a pas plus de monde, par contre les hommes et les femmes ne passent pas par les même portes : les femmes ont une cabine spéciale. Une longue attente inconfortable devant la porte d’embarquement et à 6h30 on s’envole pour Leh. Un vol rapide mais qui vaut le coup : nous survolons des magnifiques montagnes arides aux couleurs se déclinant dans les ocres et aux sommets enneigés d’où descendent d’énormes glaciers. Les pics sembles tout proches et nous trouvons l’avion bien bas… L’atterrissage entre les montagnes vaut des points, l’approche se fait en survolant Leh, puis entre les montagnes de plus en plus bas… Il nous semble que les ailes vont toucher les flans tout proches !

Quand nous débarquons la fraîcheur nous cueille de suite, mais le beau soleil nous permet rapidement de passer au t-shirt manches courtes. A midi nous aurons 28° au soleil c’est supportable. Tout notre matos est à l’arrivée, nous remontons les machines sous les regards toujours curieux des gens. On se sent tout de suite bien, les gens posent des questions et sont très souriants. Cinq kilomètres et 200 mètres de dénivelée nous séparent de la ville. Nous nous posons dans une guesthouse sympa avec vue sur les montagnes. Passer de 0 à 3500 mt va demander un peu d’acclimatation avant d’aller attaquer les cols en vélo bien chargé, quand on monte les escaliers un peu vite, on a vite le souffle court…Nous sommes ravis d’être ici, un peu d’appréhension quand même face au défi qui nous attend, mais super motivés !

 On risque d’avoir du mal à vous donner des nouvelles dans les prochaines semaines, nous doutons qu’il y ait beaucoup de connexions internet dans les montagnes. Nous partons demain en direction de Padum.

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