Eveil Nomade

De Page à Flagstaff, derniers tours de roues aux USA

Nous quittons Page en direction du Grand Canyon :

Nous partons sous un beau soleil mais le temps reste frisquet. On fait un détour rapide vers le site du fer à cheval du Colorado, mais il y a trop de monde pour vraiment apprécier

Un cyclo Argentin qui remonte vers le nord…!

Après 2 jours de route et de beaux bivouacs dans la réserve Navajo, nous nous engageons sur la route du grand Canyon. Une longue montée de 1000 mètres nous attend que nous couperons en 2 en bivouaquant à mi chemin.

Sous la neige…

Mais au matin nous nous réveillons dans une atmosphère étrange, assourdie : dehors tout est blanc et il neige encore… Il avait beau faire froid ces derniers temps, c’est une drôle de surprise. Après quelques tergiversations, nous décidons de tenter le coup quand même, nos réserves d’eau ne nous permettant pas de rester une journée sans avancer. Grosse séance d’habillage à la recherche de tout ce que nous avons de chaud et d’étanche. Mais ce ne sont pas des habits d’hiver et nous sommes en baskets… Un homme s’arrête pour nous proposer dans un mauvais anglais de repartir en arrière et d’aller chez lui. Nous refusons et nous en mordons les doigts 5 minutes plus tard quand nos gants sont trempés en pliant la tente… Tandis que Tiago a déjà percé les sacs plastiques sensés protéger ses chaussures…
Nous partons tout de même : sur la route la neige tient, pas épaisse mais ça fait une patchok mouillée, et les voitures qui passent la dedans nous en éclaboussent d’une couche supplémentaire. Du coup 1 heure plus tard, malgré nos encouragement pour les faire aller plus vite dans cette interminable montée, ça commence à aller mal dans le rang des enfants : trop froid, les pieds et les mains sont mouillés et impossible à réchauffer. La neige tombe sans discontinuer et la situation est vraiment misérable. Les voitures nous encouragent, mais ça ne suffit pas, les enfants craquent l’un après l’autre… Mais s’arrêter c’est avoir encore plus froid… Alors quand une femme nous propose d’aller nous réchauffer chez elle, je n’hésite pas, même si Eric n’était pas trop motivé à cette idée au départ. Elle nous embarque dans sa petite voiture ainsi que le vélo de Lilou, nous reviendrons chercher ensuite les autres vélos. Eric nous rejoindra à vélo (plus simple avec la charrette). Sa maison est vraiment à l’écart de tout, sans eau courante, ni électricité. Cette femme est Navajo et elle vit ici seule, avec sa mère de 80 ans. Sa maison est toute petite mais surchauffée et nous sommes enfin à l’abri de cette neige qui ne s’arrête pas ! Très bavarde elle nous explique énormément de choses sur la vie des Navajos aujourd’hui dans la réserve, autrefois, quand elle était petite, ainsi qu’à l’époque de sa mère. L’insécurité est grande pour elles dans cet isolement : la drogue a atteint durement la réserve et les toxicomanes cambriolent ces habitations reculées. Nous apprenons aussi que les grandes compagnies d’électricité qui négocient avec les représentants des Navajos profitent de leur manque de connaissance des lois pour les abuser, leur font miroiter des avantages en compensation de l’autorisation de traverser la réserve avec les lignes à très haute tension (évitant ainsi un grand détour et réalisant d’énormes économies)… mais la contre partie de raccorder ces habitations isolées ne sera jamais respectée ! L’état a donné le territoire aux Navajos, mais pas les ressources du sous sol, qui restent la propriété de l’état qui les exploite mais ne dépollue pas une fois les extractions miniaires finies…Pour elle, l’essentiel est l’éducation et sur le territoire de la réserve il n’y a que des écoles primaires, les enfants doivent aller loin pour le collège… Elle est très fière de son fils qui se présente au poste de gouverneur, elle espère qu’il pourra faire évoluer les choses pour eux. La télé reste allumée sur une chaîne de vieux westerns en noir et blanc, le poêle chauffe à mort, on se sent sacrément bien ! Le soir elle nous apprend à faire des pains frits à la poêle, délicieux. Au matin la neige s’est arrêtée, mais il y a 20 bon centimètres…(les toilettes étant à 50 mètres de la maison, on a le temps de bien s’en rendre compte!). Grosse hésitation : on fait la folie de continuer (on aime bien les folies…) ? Mais il y a encore 400 mètres à monter et notre hôte nous affirme qu’il y aura vraiment beaucoup plus de neige, là haut… Ou retour arrière et on prend une route plus directe pour Flagstaff ? Nous hésitons jusqu’à la dernière minute, mais le ciel noir et la difficile situation d’hier nous font pencher pour un retour : si nous continuions et qu’il neigeait, personne ne pourrait plus nous sauver la mise au grand Canyon… Nous repartons en pataugeant dans la neige jusqu’à la route, heureusement dégagée et prenons la direction du fond de vallée la mort dans l’âme.

En route pour Flagstaff :

700 mètres plus bas il n’y a plus de neige et, bien que congelés, nous regrettons déjà notre décision. Mais c’est fait, alors direction Flagstaff : même si la route est plus courte, nous avons quand même un col à passer. En montant nous retrouvons une belle forêt de pins, qui nous accompagnera jusqu’à Flagstaff, la route passe une zone de vieux volcans avec des cratères bien marqués de chaque côté  de la route. Nous y sommes accueillis chez une warmshower, Sue, et apprécions grandement ce confort retrouvé et la chaleur d’une maison. Il y aussi là un cyclo espagnol qui voyage depuis dix ans et nous partageons de formidables repas internationaux !

Vers le Mexique :

Il nous reste du temps aux USA mais nous décidons de quitter le froid et de louer une voiture pour la frontière du Mexique. A l’aéroport nous découvrons que les locations « one way » de voitures sont très limitées ici et nous n’avons pas d’autre choix que de rallier San Diego sur la côte  Californienne, beaucoup plus à l’ouest que ce que nous voulions. Tant pis on fera avec. Vu le coût de la location nous profitons du véhicule pour faire un raid au grand Canyon (un petit crochet de 300 km supplémentaires) c’est une visite éclair sur quelques points de vue, loin d’en profiter vraiment mais suffisant pour motiver les enfants à vouloir y revenir, de toute façon nous avons trop de bornes à faire cette nuit pour en profiter plus. Après une nuit blanche à conduire, nous retrouvons avec plaisir un temps clément et une végétation méditerranéenne. Nous rendons la voiture et allons nous poser au camping pour préparer le départ pour le Mexique.

Une réflexion au sujet de “De Page à Flagstaff, derniers tours de roues aux USA

  1. émilie

    Coucou,
    Dommage pour Halloween made in USA !!!
    Bon courage pour le Mexique mais gaffe à la frontière…
    Faudrait nous mettre des photos des anniversaires des 2 plus vieux, qu’on partage un peu ce moment même à distance !!!
    Gros bisous,
    Emilie

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