Eveil Nomade

Peru divide : deuxième partie !

Deux gros cols : Punta Ushuayca et Abra Suijo !

Nous repartons : 5 km de descente sur le goudron avec toujours un trafic de fou que nous sommes bien contents de laisser pour prendre la piste à Rio Blanco. Là, nous repartons de 3400m, on attaque tranquillement la montée : d’ici au col on a plus de 1500 mètres… Et la piste est nettement plus mauvaise qu’avant avec une pente bien costaude et des graviers…Les portions de lacets sont carrément terribles et nous obligent à pousser.

Nous remontons une longue vallée très agréable. Dans une nouvelle série de lacets pourris, une femme nous voit grogner dans l’effort et nous rassure, après ce sera plus facile…Mais c’est quand même sacrément dur et dans l’idée de ne pas se crever trop vite (les troupes commencent à se rebeller) nous nous arrêtons très tôt…On a le temps ! Nous posons le bivouac à 4560m, la nuit est claire : nous admirons la voie lactée et regardons en particulier une fois de plus la grand ourse, mais dans cette hémisphère elle est à l’envers ! Tout comme les phases de la lune qui, nous venons de l’apprendre, elles aussi évoluent à l’inverse de l’hémisphère nord (elle ne « ment » plus, ses croissants se suivent dans le « bon » sens), eh oui, nous avons la tête à l’envers ici !

Phases de la lune dans l’hemisphere sud

Nous arrivons finalement au col de Punta Ushuayca à 4935 Mt en deux jours et demie ! Là nous montons jusqu’à un petit sommet voisin à 5160 mètres d’où nous avons une vue époustouflante sur les sommets blancs derrière et les montagnes colorées plus proches.

Nous nous rendons compte que Lilou a perdu ses gros gants…C’est la misère, on est pas près d’en retrouver, elle n’ose pas trop se plaindre et enroule ses mains dans des cache-cou pour la descente…

Cette descente est technique : la piste est mauvaise, raide avec même des zones d’ombre où des ruisselets ont formé de la glace. Tiago s’y mettra un râteau heureusement sans conséquence. Lilou aussi en jouant dessus, elle tape fort le genou, plus de peur que de mal, mais on ne peut s’empêcher de réfléchir aux conséquences…Ici nous ne voyons guère passer qu’une ou deux voitures par jour !

Au matin le soleil tarde à venir nous chauffer, nous tentons de faire une heure d’école à -5 degrés, mais même à l’oral (impossible d’écrire avec des gants de ski…) ce n’est pas très efficace dans ce froid…On abrège ! D’autant plus que nous avons un nouveau col au programme : le col Suijo, cette fois rien ne va plus, c’est du pourri dans toute sa splendeur ! Raide et gravillons, avec un bon vent de face ! Rien à faire, on doit pousser et à plusieurs reprises on doit même dételer la remorque pour la pousser à part… A ce tarif, on aura poussé sur 75 % de la montée : 5h pour faire 8km !!! Mais les enfants sont cool, ils ne râlent pas trop et participent bien ! La fin de journée est quand même dure, surtout pour Lilou qui est très déçue de ne pas s’être arrêtée au lac (mais on voulait vraiment finir le col). Le col est magnifique mais le vent glacial nous incite à chercher un bivouac plus bas.

Vers le rio Canete :

Le vent ne faiblira pas de la nuit et nous minera le moral toute la journée du lendemain. A la descente, un essieu de la charrette rend l’âme, heureusement fort de l’expérience de notre dernier voyage nous avions pris un boulon de réparation à la bonne cote. Nous arrivons sur le lac Paucarcocha et voyons notre route de l’autre côté, pas moyen de shunter nous devons contourner le lac sur 10 km. Et puis nous sommes motivés par l’idée d’aller manger dans un boui boui : au bout du lac nous goûtons de la truite dans le petit village de Tanta. Le vent ne faiblit pas (toujours de face bien sûr), nous dépassons le lac et nous posons rapidement à côté de la rivière…Sans tenir compte des montagnes très proches qui nous cachent l’est : nous paierons cette omission au matin : la température est tombée à -13° ! Nous avons beau nous être bien adaptés au froid ces dernier jours, là c’est vraiment limite. Heureusement quand le soleil finit pas passer au dessus des montagnes la température remonte d’un degré par minute !

Nous reprenons la piste, les difficultés sont derrière nous : la piste et bonne et le profil majoritairement descendant. Nous rejoignons la belle rivière Cañete d’un limpidité incroyable. Elle descend tranquillement, ponctuée par des séries de petites cascades. Nous rejoignons finalement le goudron à Tinco Alis : ce micro village est encaissé dans un profond canyon : si nous campons ici nous ne sommes pas près d’avoir le soleil demain. Du coup nous changeons de programme et sautons dans un minivan pour Huancayo…Pas le courage de faire encore 3000 mètres de dénivelée sur une route étroite qui risque d’être circulante ! Nous arrivons à la nuit, crevés mais très contents d’avoir fait ce bout de divide peruvienne, qui nous semblait si difficile de loin !

Nous nous sommes dit à plusieurs reprises qu’il ne fallait  pas qu’il nous arrive quelque chose par ici, mais la balade en valait vraiment la peine !

Au total depuis Cierro de pasco : 358 Km et 6016 mètres de dénivelé positif.

Une réflexion au sujet de “Peru divide : deuxième partie !

  1. tatan nicole

    C’est toujours avec plaisir que j’ouvre le site pour suivre votre périple.
    Je vois que les difficultés ne brisent pas le moral et que vous vivez la découverte de lieux agréables et splendides.
    Continuez bien, mois je rêve en voyant votre itinéraire

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